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L'Ecole de Cirque Starlight suit l'évolution.
André Christe, comédien professionel et metteur en scène bien connu dans notre région, sera notre intervenant théâtre.
Nouveaux cours : cours débutants - cours adultes - cours d'eveil au mouvement pour les tous petits.
L’école de cirque, un complément à l’école obligatoire ?
Francine Pellaud,
Dr. en sciences de l’éducation
Inspectrice du 15e arrondissement de la partie francophone du canton de Berne
Lorsqu’on entend « école de cirque », notre imaginaire nous emporte vers un trapèze, une pyramide humaine, une corde raide, des jongleurs ou des contorsionnistes. Certes, la vérité n’est pas loin puisque quiconque arriverait à surprendre une séance de cette « école pas comme les autres » aurait peut-être la surprise d’y surprendre des enfants jonglant avec des foulards, en équilibre sur une boule, exécutant des figures aériennes sur un trapèze ou encore travaillant avec des cerceaux, des assiettes virevoltant sur des tiges, des trampolines ou des balles. Mais ces exploits et tours spectaculaires ne sont jamais que la partie émergée de l’iceberg. Le plus important se situe dans les compétences sous-jacentes.
Lesquelles ? Les plus visibles sont les performances physiques : l’école de cirque n’a pas pour objectif de former de futurs artistes ou acrobates. Elle est là pour offrir à l’enfant la possibilité de mieux connaître son corps, de mieux l’utiliser, mais aussi de mieux le protéger. Développer des réflexes pour éviter ou gérer une chute, se préparer physiquement à un effort par des exercices d’échauffement et d’assouplissement adaptés, maîtriser plus précisément son équilibre et ses gestes sont autant de « techniques » et d’habitudes qui permettent de mieux vivre au quotidien.
Des compétences sociales : on travaille en équipe, on apprend à attendre son tour, à comprendre autant en regardant l’autre qu’en faisant soi-même, à ne pas se moquer, mais au contraire à valoriser la ténacité, la persévérance, la volonté d’y arriver.
Complémentaires à ces dernières, on trouve des compétences citoyennes et éthiques : derrière la capacité à « apprendre de l’autre », même s’il sait parfois moins bien que soi, on découvre le respect, l’humilité et la responsabilité. Dans une pyramide humaine, l’équilibre n’est pas que physique. Il est également humain, dans le respect de celui qui est en bas quand on se trouve au sommet, dans la compréhension de l’importance de la place qu’il occupe pour la réussite, non seulement de celui ou de celle qui saluera le public, porté-e par les autres, mais de l’ensemble de l’équipe. Et pour celui-là même qui va soutenir l’édifice humain, dans la conscience de la responsabilité qu’il endosse à l’égard de ses camarades. Et il en va de même pour tous ces numéros où le « faire-valoir » est en fait le maillon essentiel à la réussite finale de l’ensemble.
Parmi ces compétences sociales, relevons aussi la forte collaboration qui se met en place entre les petits (dès 4 ans) et les grands (pouvant aller jusqu’à la fin de l’adolescence). Là encore on observe l’apprentissage et l’entraide mutuels entre enfants d’âges très différents oeuvrant pour une réussite collective.
Enfin, tout ceci ne pourrait fonctionner sans une discipline stricte, une obéissance qui ne peut tolérer la revendication. On ne peut envisager la réussite d’un numéro qui nécessite des enchaînements rapides et des mouvements précis sans une confiance quasi aveugle en l’entraîneur, seul « maître à bord ». Car le grand moment de l’année, la récompense qui va couronner une année de labeur, c’est un spectacle, un vrai, sous le grand chapiteau, dans de véritables costumes et applaudis par d’authentiques spectateurs qui remplissent les gradins. Dans ces conditions, pas question d’être timide et de baisser la tête pour fixer ses orteils. Pas question non plus de rester sur un échec. Même en pleine représentation, il est primordial de savoir recommencer son numéro si quelque chose n’a pas « marché » et de conserver assez d’assurance et de concentration pour que l’erreur ne se répète pas. Voilà les grandes spécificités de cette école : on y apprend avant tout à avoir confiance en soi, en ses capacités pour recommencer sans honte un exercice et à être assez fier de ses performances et du travail accompli pour arborer un large sourire sous un regard qui ne fuit pas. Mais si on apprend aussi les gestes qui font passer le simple exploit sportif en une performance artistique, cela n’a rien d’artificiel. Le plaisir est de la partie et c’est simplement une autre manière de le manifester auprès d’un public.
Cela fait une année que ma fille (5 ans) est entrée à l’école Starlight. Son petit frère, bien que souffrant de plusieurs handicaps physiques légers, a commencé cette année. Rien au monde ne peut leur faire manquer leur entraînement du mercredi après-midi et ma fille a passé le plus clair de ses vacances à s’entraîner et à entraîner son frère en vue de ses débuts. Comme toute activité, l’école de cirque ne peut convenir à tout le monde. Néanmoins, plus d’enfants devraient pouvoir bénéficier de cette fabuleuse opportunité offerte dans le Jura Bernois. Je pense notamment aux enfants présentant des symptômes d’hyperactivité, de trouble de la concentration, de difficultés dans la synchronisation des mouvements, etc. Mais aussi aux « casse-cous » qui se mettent en danger en prenant des risques incontrôlés, aux enfants qui manquent d’activités physiques et, bien sûr, à tous ceux que les habits de paillettes et les feux de la rampe font rêver...
